
UN PEU D'HISTOIRE SUR ARLES
Documentation recueillie par le Docteur Henri CERESOLA, Président des l'association des Amis du Vieil Arles
Les Grecs venus de Phocée en Asie Mineure ont fondé Marseille en 600 avant J.C. Commerçants dans l’âme ils ont utilisé le Rhône pour établir tout le long des relais comme cette ville de Théliné retrouvée comme 1er nom de la future cité d’Arles.
Dès le début du VIème siècle avant notre ère, ce rocher ou cette colline de la Hauture d’Arles était occupé par une population indigène dite “ligure” fortement hellénisée sous forme d’habitat continu à base de cases rectangulaires aux murs de pierre sèche et au sol de terre battue. Cet espace s’est étendu sur un périmètre supérieur à celui de la future colonie romaine représentée en gros par la surface du secteur sauvegardé d’aujourd’hui ; utilisé en continu jusqu’au IIème siècle avant J.C., il s’est rétréci pour prendre le nom de Arelate, dénomination celtique signifiant la ville qui est proche des marécages. Ce début d’abandon fut transformé dès 50 avant J.C. par la présence romaine de Jules César qui fit construire à Arles les navires de guerre qui furent déterminant dans la prise de Marseille. En récompense, cet empereur favorise l’installation des vétérans de son armée, la 6ème légion en ce lieu, en 46 avant J.C., qui y créent une colonie de droit romain qui recevra quelques temps après sous le règne d’Auguste, le nom de COLONIA JULIA PATERNA ARELATE SEXTANORUM.
Cette colonie utilisa tout de suite le site d’oppidum de cette colline d’Arles qu’elle protégea par un rempart renforcé de tours rondes environ 15 hectares avec deux plans d’urbanisme successifs jusqu’au 3ème siècle que l’on peut retrouver sur la probable fresque retrouvée en 1998 dans le palais de Néron.
Cardo Maximus, Décumanus, Théâtre Antique, Forum et cryptoportiques, Amphithéâtre, Cirque romain, voies romaines firent la grandeur d’Arles jusqu'à la fin du 3ème siècle après J.C.
Après
une invasion barbare destructrice, une vigoureuse reconstruction marque la ville
au 4ème siècle : Thermes de Constantin, quartier de
Trinquetaille qui font considérer la ville étalée sur les deux rives du
fleuve et où le christianisme a pris une importance majeure grâce à
l’empereur Constantin (1èr concile du monde chrétien d’occident
tenu à Arles en 313 après J.C.) comme une capitale puisque le poète Ausone la
considère comme "la petite Rome des Gaules" et que l’empereur Honorius en 418 après
J.C. dira "on y draine tous les produits de
l’Univers".
La ville d’Arles encore plus renommée par ses archevêques issus des moines de Lérins, comme St Hilaire, St Honorat, St Césaire, St Virgile, etc... amorça son déclin à partir des Vèmes et VIèmes siècles. Au moment où disparaît l’Empire romain d’Occident en 476, Arles reste certainement la ville la plus grande de Provence.
Restée célèbre par son cimetière romain et chrétien des Alyscamps, elle retrouva une partie de son importance lors de la victoire de Guillaume de Provence en 950 après J.C. sur les Sarrasins.
La Cité provençale se développe sous forme de quartiers comme La Roquette ou Vieux Bourg au Sud Est, le Bourg Neuf au Nord séparés par la Hauture et le Méjean. La chrétienté se développe à Arles et en Camargue avec la construction de St Trophime et de son portail réalisé à l’occasion de la venue et du sacre de Frédéric Barberousse, empereur d’Allemagne en 1178; l’archevêque d’Arles étant le suzerain de ces empereurs, héritiers du Royaume d’Arles depuis Charlemagne. Cet archevêque organisait même l’élection des Consuls lors de l’installation de la République d’Arles qui s’étalera de 1180 à 1251, date du rattachement de la ville au Comte de Provence.
Le comte de Provence, le roi René et la reine Jeanne furent parmi les personnalités les plus marquantes du Royaume d’Anjou, de Provence et des Deux Siciles dont fit partie la ville d’Arles jusqu’à son rattachement au Royaume de France de Louis XI en 1481. Malgré les conventions passées d’État à Etat, entre la France et la Provence, le roi de France grignota peu à peu toutes les prérogatives et certains us et coutumes provençaux et arlésiens.
La Renaissance à Arles trouva son apogée de 1450 à 1650 avec le réaménagement des quartiers et la construction d’établissements religieux (les ordres) et civils (Hôtel de Ville) et avec la réalisation d’un ensemble qui fait d’Arles une ville au patrimoine urbain du XVIIème siècle exceptionnel.
Les règnes de François Ier, d’Henri IV, de Louis XIII, de Louis XIV marquèrent un autre apogée du développement de la ville qui s’est maintenu jusqu'à la Révolution Française.
La période révolutionnaire amena dans cette ville royaliste, qui comptait un nombre important de nobles, de chevaliers de l’Ordre de Malte, d’Académiciens (création en 1660 de l’Académie d’Arles, une des plus vieilles de France), de nombreux bouleversements et un changement dans les mentalités qui amenèrent peu à peu la ville d’Arles à passer d’un statut d’agro-ville à celui de petite ville industrielle avec le développement du port d’Arles et du chemin de fer ainsi que certaines petites industries.
Après 1870, la ville cultiva les Arts et les Lettres jusqu'à la première guerre mondiale par la publication de revues, le développement d’une bibliothèque municipale où les Fonds Ancien et d’Archives sont considérés comme parmi les plus riches de France.
Arles bénéficia du rayonnement du Félibrige créé par Mistral et ses compagnons à Fontségune en 1854. Le poète de Maillane établit dans sa chère ville d’Arles le Museon Arlaten (ou Musée des Arts et des Traditions Populaires Provençales) en 1899 qu’il agrandit grâce à l’argent de son prix Nobel de littérature en 1904 ; ce fut lui-même qui fixa les grandes lignes du costume de l’Arlésienne qui reste un des plus gracieux et seyants costumes de l’Hexagone.
La période entre les deux guerres favorisa le développement et le confort de la ville d’Arles entre ses murs et fut marquée par de nombreuses péripéties économiques amenant le déclin de la ville qui fut bombardée au moment de la libération en 1944.
La période moderne a vu se développer une nouvelle approche des problèmes d’urbanisation avec la création de quartiers, d’adduction et de mise en conformité du territoire.
L’entretien du Patrimoine antique, médiéval, renaissance, moderne et industriel a de tout temps été au centre des pensées de nos premiers magistrats pour aboutir enfin à l’orée du XXIème siècle à la réalisation d’un Plan de Réhabilitation unique depuis le déblaiement des Arènes et du Théâtre Antique par le baron Laugier de Chartrouse dans les années 1820-1840.
Arles
se doit, par nécessité et par son histoire, d’intégrer son Patrimoine à
son développement urbain, économique, professionnel et touristique qui vont en
faire un lieu privilégié de visites et de haltes puisque la ville est reconnue
comme faisant partie du Patrimoine Mondial par l’UNESCO.